Masculinismes : grandir sous influences
La montée des masculinismes chez les jeunes est un phénomène pluriel qui se traduit par l’adhésion à des discours qui défendent la domination masculine, remettent en cause les avancées en matière d’égalité entre les femmes et les hommes ainsi que le respect de la diversité des identités de genre et des orientations sexuelles. Ces discours contribuent à un durcissement des rapports de genre, à des discriminations, à des violences et à des formes de radicalisation.
Diffusées notamment sur les réseaux sociaux et dans la « manosphère » (communautés masculinistes, mouvements « alpha », incels, etc.), ces idées prennent des formes variées et trouvent un écho auprès de certains jeunes en quête de repères, d’identité, ou confrontés à un sentiment de déclassement ou de frustration face aux évolutions de la société.
Propagée par les réseaux sociaux et la « manosphère » (communautés masculinistes, mouvements «alphas » , incels), cette tendance se nourrit d'une quête identitaire ou d'un sentiment de menace face à l'égalité. Une étude du Jacobs Center for Productive Youth Development de l'Université de Zurich menée en coopération avec l’association männer.ch et publiée en juin 2026 révèle que 30 % des jeunes hommes de 18 à 24 ans vivant en Suisse adhèrent fortement au « facteur M » (qui couple sexisme, homophobie et légitimation de la violence). Près de la moitié estime que la violence est parfois nécessaire, et un sur deux pense que les «vrais hommes » sont menacés. Cette idéologie se transmet notamment par les outils de communication actuels, les réseaux sociaux et atteint massivement les jeunes.
Cette étude aura fait l'objet d'une première discussion publique le 28 août 2026 portée par le BPEV et la FASe. Ce forum s'inscrit dans la poursuite de cette thématique pour les professionnel·le·xs du social, de l’éducation, de l’enseignement et de la santé.
Face à cette évolution, de nombreux défis se posent aux équipes professionnelles de l’éducation, de la santé et du social. Comment comprendre ces discours et leur influence sur les jeunes ? Comment repérer les premiers signes de risque et intervenir avant que les comportements ne se transforment en violences ? Comment dialoguer avec des jeunes confrontés à ces idées ou qui y adhèrent tout en maintenant un cadre fondé sur le respect et l’égalité ? Comment soutenir les jeunes qui subissent ces violences ? Quels outils sont disponibles pour prévenir, accompagner et agir au quotidien afin de promouvoir l’égalité, et quels besoins restent-ils à couvrir ?
Le forum s’adresse aux équipes professionnelles des domaines du social, de la santé, de l’enseignement et de l’éducation.
Pour celles et ceux qui souhaitent prolonger la réflexion, la journée sera suivie du spectacle Les Silencieuses, dès 17h.
Les Silencieuses, un spectacle de Nicolas Raccah et de Frédérique Aït-Touati
Durant deux années, Nicolas Raccah – accompagné par Frédérique Touati – s’est immergé dans l'ampleur de la littérature misogyne, d'abord à la Renaissance puis au Moyen-Âge, et petit à petit de l'Antiquité à nos jours en Europe. Cette confrontation à l'étendue d'un virilisme triomphant dans notre Histoire qui, comme en attestent ces textes depuis au moins 2700 ans, s'est ingénié à dévaloriser et à salir systématiquement le féminin et les femmes et à ancrer l'image d'un génie exclusivement masculin, l'a profondément impacté et blessé en tant qu'homme.
Le spectacle propose au public de se replonger dans les eaux tumultueuses de la construction de la domination masculine, et de témoigner du cheminement de conscience que ce travail a opéré chez l’artiste.
Dès 16 ans
Evénement gratuit, sur inscription